Internaliser ses relations presse : une fausse bonne idée ?
La question revient de plus en plus souvent dans les entreprises. Faut-il internaliser les relations presse, totalement ou partiellement ? Ce débat dépasse largement la sphère opérationnelle. Il touche à la manière dont une organisation se structure et à la place qu’elle accorde à sa communication externe.
Internaliser les RP apparaît souvent comme une option naturelle. Les équipes internes connaissent parfaitement le produit, la culture et les priorités de l’entreprise. Elles sont disponibles, réactives, intégrées aux autres fonctions. Dans un contexte de rationalisation des coûts et de recherche d’efficacité, cette approche semble cohérente.
Mais les relations presse ne se résument pas à produire de la visibilité. Elles participent à la construction d’une réputation et à la façon dont une entreprise est perçue par son écosystème. Elles influencent la crédibilité, la légitimité et la capacité d’un acteur à s’inscrire durablement dans son marché. Cette dimension dépasse l’exécution quotidienne.
Lorsqu’elles sont internalisées, les RP gagnent en continuité et en proximité. Le flux courant est mieux géré, les interactions avec les médias sont plus fluides, la coordination avec le marketing ou la communication interne est facilitée. Pour beaucoup d’organisations, cette base est indispensable.
Avec le temps, certaines limites apparaissent. Prendre de la hauteur, challenger les évidences, inscrire les prises de parole dans des enjeux sectoriels ou arbitrer entre plusieurs angles demande du recul. Or ce recul est plus difficile à préserver lorsque les RP sont absorbées par l’opérationnel, les urgences internes et des priorités multiples.
Il faut aussi regarder la réalité des organisations. Les relations presse sont rarement une fonction dédiée à 100 %. Elles sont souvent intégrées à des postes plus larges, qui cumulent communication corporate, contenus, événements ou marketing. Dans ce contexte, la réflexion stratégique se fait naturellement plus rare, non par manque de compétence, mais par manque de temps.
C’est à ce niveau que la décision prend tout son sens. Certaines entreprises choisissent de s’appuyer sur des ressources externes pour compléter l’interne, apporter un regard marché, proposer des angles plus larges et challenger les récits existants. D’autres préfèrent tout internaliser, en assumant pleinement les arbitrages que cela implique.
Internaliser les relations presse engage donc bien plus qu’une question de ressources. C’est un choix qui reflète le niveau d’ambition d’une entreprise, le temps qu’elle est prête à consacrer à sa communication externe et le rôle qu’elle souhaite jouer sur son marché. Avant de trancher, encore faut-il s’assurer que ces conditions sont réellement réunies, et qu’elles le seront dans la durée.






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